Un coup de coeur pour Wagner à l’apéro, Le jugement dernier plus spectaculaire que lyrique de Paolo Miccichè…et le retour de Robert Lepage pour la cinquième édition du Festival d’opéra de Québec

9 août 2014

9 août 2014
(N
o 2014-28)


Le jugement dernier
/Messa da Requiem
Giuseppe Verdi
Latonia Moore, soprano
Festival d’opéra de Québec, 2014

J’ai pu assister à trois autres événements du Festival d’opéra de Québec avant que le rideau tombe sur sa quatrième édition le lundi 4 août dernier. Et depuis lors, la direction du Festival a présenté le bilan du festival de 2014 et la rumeur voulant qu’une nouvelle production de l’opéra L’amour de loin de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho dans une mise en scène de Robert Lepage soit présentée lors de la cinquième édition festival s’est confirmée.

À l’apéro avec des voix wagnériennes…québécoises!

Mon coup de cœur du festival de 2014 aura été l’événement Wagner à l’apéro. Organisé par la compagnie Tempêtes et passions et son directeur artistique Guy Lessard, cet événement a d’ailleurs fait salle comble durant les trois représentations qui se sont déroulées à la Chapelle du Musée de l’Amérique francophone les 28, 30 et 31 juillet 2014. Dans une mise en espace conçue par François Racine et utilisant avec simplicité et intelligence la nef de la magnifique chapelle patrimoniale, les interprètes ont su faire apprécier la musique de Wagner et son lyrisme. Situés avec un humour fin dans le contexte des œuvres par le musicien-auteur Georges Nicholson, les extraits des grands opéras  du maître de Bayreuth, et particulièrement de la Tétralogie, ont permis de découvrir de véritables voix wagnériennes. L’une de ces voix est sans conteste celle du baryto-basse Eugen Dragos Voicu qui a interprété l’air O du mein holder Abendstern, tiré du troisième acte de Tanhaüser, avec une aisance hors du commun. La mezzo-soprano Élizabeth Veilleux s’est également distinguée en chantant, d’une voix veloutée, le lied Traüme, tiré des Wesendonk lieders. La sensibilité et l’émotion imprégnaient cette remarquable prestation. Sans doute, les moments les plus chargés d’émotion auront été ceux mettant en présence en fin de concert le ténor Guy Lessard et la soprano Luce Vachon. Se donnant la réplique dans plusieurs airs du premier acte de l’opéra Les Walkyries (Die Walküre), les deux artistes ont su traduire toute l’intensité de la musique de Wagner, non seulement par leurs voix justes et maîtrisées, mais également par un jeu dramatique troublant. La pianiste Claude Soucy s’est avérée une admirable accompagnatrice de l’ensemble de groupe d’artistes qui comprenait également le baryton basse Marc-André Caron, la mezzo-soprano Nathalie Dumont, le ténor Keven Geddes et la soprano Jessica Latouche. Et l’un des beaux moments de cet événement, d’une facture instrumentale, aura été la l’interprétation an cor français de l’Appel de Siegfried par Claudine Giguère de l’Orchestre symphonique de Québec.


Wagner à l’apéro
Festival d’opéra de Québec, 2014

La grande histoire chantée de la musique lyrique…

Organisé quant à lui par l’ensemble vocal Les cinq octaves, l’événement « La grande histoire chantée de la musique lyrique », qui s’est déroulé le jeudi 31 juillet à la même Chapelle du Musée de l’Amérique française, ne m’a pas séduit de la même manière que Wagner à l’apéro. L’animation par François Rioux, qui présentait l’histoire de l’opéra à travers ses diverses époques et ses propres changements de costumes, se voulait ludique. Mais elle ne faisait pas toujours sourire, tout en s’appuyant fondait sur des textes et des projections dont le caractère pédagogique était indéniable.

L’idée de débuter le concert avec la musique lyrique du XXe siècle et l’interprétation d’une pièce d’Anton Webern, n’était pas inintéressant, mais on comprend mal le choix d’insérer entre les périodes romantiques française et italienne du XIXe siècle la musique d’une époque présentée comme « Pendant ce temps en Amérique ». S’agissant des États-Unis d’Amérique et de la musique lyrique du XXe siècle, il aurait été nettement préférable, de proposer des extraits d’opéras de Gerschwin, Barber et Bernstein par exemple. Que le spectacle se termine par ailleurs sur des grands airs napolitains s’inscrit mal dans la périodisation autour de laquelle gravitait le programme du concert.

Le concert a par ailleurs offert quelques beaux moments lyriques. L’interprétation du Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré par les quatre solistes, le ténor Marc Duguay, la soprano Sylvie Malenfant, la mezzo-soprano Élaine Rioux et le baryton-basse Réal Toupin fut digne de mention. Élaine Rioux a quant à elle fort bien chanté le célébrissime air L’amour est enfant rebelle (Habanera) de l’opéra Carmen de Georges Bizet, alors que Marc Duguay et Sylvie Malenfant ont su émouvoir le public avec le duo À paris, ma chérie, nous partirons (Parigi, o cara noi lascermo) tiré de La Traviata de Verdi.  Réal Toupin signait les arrangements des pièces au programme et la pianiste Claude Soucy, qui était de retour à la chapelle quelques heures à peine après le Wagner à l’apéro, leur a conféré de très belles couleurs lyriques.


Les cinq octaves
Marc Tanguay, Élaine Rioux, Réal Toupin, Sylvie Malenfant et Claude Soucy

Le Jugement dernier/Messa da Requiem de Verdi…plus spectaculaire que lyrique

Le jugement dernier du quatrième Festival d’opéra de Québec s’inscrira dans les annales du jeune festival comme un événement plus spectaculaire que lyrique. Il aura su plaire au public mélomane de la capitale nationale davantage qu’il n’aura séduit sa gent opéraphile.  Les libertés prises par le metteur en scène Paolo Miccichè avec l’ordonnancement des parties de la Messa da Requiem de Giuseppe Verdi n’ont pas échappé aux personnes les plus averties et cette dénaturation de l’œuvre du grand compositeur italien n’était vraiment pas nécessaire pour faire apprécier l’interprétation scénique proposée. Mais les impressionnantes projections des fresques de la Chapelle sixtine ont suscité l’émerveillement recherché et ont donné à la musique de Verdi un réel vernis florentin.

La renommée internationale des solistes n’aura pas suffi à ce que leurs prestations soit à la hauteur des attentes suscitées par une telle renommée. Inégale, la soprano Latonia Moore n’a procuré que de rares moments d’émotion, alors que la mezzo-soprano Eleni Matos était généralement inaudible. Le ténor Manrico Tedeschi n’a pas su insuffler la passion du texte et de la musique de Verdi. Seule la basse Luiz Ottavio Faria a véritablement tiré son épingle du jeu et su, par une voix juste et maîtrisée, traduire l’intensité verdienne. Le Choeur de l’Opéra de Québec et l’Orchestre symphonique de Québec ont donné à cette production l’éclat qu’elle annonçait…et méritait! La direction musicale d’Ira Levin et la direction des chœurs de Réal Toupin ont su faire la différence et offrir notamment une finale qui m’aura par ailleurs, et comme tant d’autres, fort ému.

Pour lire des vues contrastées sur cette production, je vous invite à lire la critique de Richard Boisvert dans le journal Le Soleil du 2 août 2014 publié sous le titre « Le jugement dernier/Requiem de Verdi : entre le ciel et l’enfer » ainsi le commentaire d’Yves Leclerc paru dans le Journal de Québec le même jour et intitulé « Un requiem céleste et touchant ».

Et vous pourrez également, et bientôt, prendre connaissance de la critique que le compositeur Éric Champagne a préparée pour le premier numéro de L’Opéra Revue québécoise d’art lyrique dont la parution est prévue pour le début du mois de septembre. Il y commente le traitement de cette œuvre vocale non scénique qui a  pris le chemin des scènes d’opéra, et aura emprunté durant l’été 2014 celle du Festival d’opéra de Québec !

Un bilan du quatrième festival et le retour de Robert Lepage

Le président du Festival d’opéra de Québec Gaston Déry et son directeur général et artistique Grégoire Legendre ont présenté un bilan de la quatrième édition de 2014. Ils ont mis l’accent sur la diversité des événements lyriques offerts pendant une édition qui offrait dix activités pour tous les publics, indiqué que plus de 17 500 personnes avaient fréquenté le festival en 2014 et que l’exercice budgétaire se soldait pour une deuxième année consécutive par une léger excédent. Pour lire le texte intégral du communiqué présentant le bilan du festival, vous pouvez cliquer ici.

Et, comme je l’avais appris pendant le Festival, la cinquième édition verra le retour de Robert Lepage. Comme cela avait le cas pour la production de The Tempest de Thomas Adès, Québec accueillera la nouvelle production de l’opéra L’amour de loin de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho avant qu’elle ne soit reprise lors de la saison 2016-2017 au Metropolitan Opera de New York. L’on sait que la direction musicale de la production présentée au MET sera assurée par la chef Susanna Mälkki, mais la distribution n’est pas encore connue. Y entendra-t-on Gerald Finlay et Dwan Upshaw qui sont les interprètes que l’on peut écouter sur le DVD paru sous étiquette Deutsche Grammophon ? Pourra-t-on voir sur la scène de la salle Louis-Fréchette du Grand théâtre de notre capitale nationale des artistes lyriques du Québec dans cette production ? C’est à suivre…

Je serai de retour quant à moi le samedi 30 août 2014 avec un blogue lyrique dont le contenu sera dorénavant arrimé avec celui de L’Opéra Revue québécoise d’art lyrique. L’équipe de rédaction de cette nouvelle publication travaille très fort pour assurer la sortie au début du mois de septembre 2014 du premier numéro (Automne 2014) de la nouvelle publication lyrique. Plusieurs opéraphiles nous honorent déjà de leur confiance et nous ont transmis leur coupon d’abonnement dont je joins une copie ci-après…avec la maquette du numéro modèle de la revue. Vous pouvez me le faire parvenir à l’adresse daniel.turp@revuelopera.org.

L'Opéra, Maquette de 12 pages L'Opéra, Formulaire d'abonnement

Et pour ceux et celles qui veulent poursuivre l’été sur une note lyrique, je vous indique que le Festival d’art vocal de Montréal bat son plein, que le Café d’art vocal propose quatre jeudis lyriques pendant le mois d’août, que la Virée classique de l’Orchestre symphonique de Montréal propose plusieurs événements à caractère lyrique et vocal (Carmina Burana de Carl OrffA Quiet Place de Leonard Bernstein et Marc Hervieux chante Mahler). Et, si vous êtes hors les frontières du Québec et plus précisément en Autriche, vous pourriez décider d’aller entendre ce soir au Festival de Salzbourg notre contralto nationale Marie-Nicole Lemieux qui chante aux côtés de Placido Domingo et Anna Netrebko dans Le Trouvère (Il Trovatore) de Giuseppe Verdi (voir « Le Trouvère de Verdi, temps fort annoncé du Festival de Salzbourg » pour lire des informations et visionner deux reportages sur cette production) !
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Bonne suite d’un été…lyrique !

Le concert d’ouverture du quatrième Festival d’opéra de Québec : Vivaldi et Haendel à l’opéra avec Sophie Brommer, David Hansen, Les Violons du Roy et Alan Curtis

23 juillet 2014

23 juillet 214
(No 2014-26)

Comme je vous l’avais promis dans le blogue lyrique du 21 juin 2014, je reprends la diffusion du blogue  en ce jour de l’ouverture officielle du Festival d’Opéra de Québec. Je compte couvrir les événements auxquels nous convie pour une quatrième année le directeur général et artistique Grégoire Legendre. J’y commenterai également quelques concerts, conférences et autres spectacles lyriques qui auront lieu entre le 23 juillet et le 4 août 2014.

Le quatrième Festival d’opéra de Québec s’ouvre ce soir par une concert sur le thème « Vivaldi et Haendel à l’opéra ». Le chef américain Alan Curtis dirigera Les Violons du Roy dans un programme visant à faire apprécier deux grands compositeurs lyriques de l’époque baroque. Les solistes seront la soprano allemande Sophie Brommer et le contre-ténor australien David Hansen. Le programme détaillé du concert a été rendu public sur le site de l’ensemble de Bernard Labadie, dont on souhaite d’ailleurs le plus prompt des rétablissements, et je vous le présente ci-après :

G.F.HANDEL Ouverture (Giulio Cesare, HWV17)
G.F.HANDEL Se in fiorito ameno prato (Giulio Cesare, HWV17)
G.F.HANDEL Piangerò la sorte mia (Giulio Cesare, HWV17)
G.F.HANDEL Caro! – Bella! (Giulio Cesare, HWV17)
A. VIVALDI Sinfonia (L’Olimpiade, RV725)
A. VIVALDI Siam navi all’ onde algenti (L’Olimpiade, RV725)
G. BONONCINI In te, sposa Griselda… Cara sposa (Griselda)
G.F. HANDEL Ouverture (Alcina, HWV34)
G.F. HANDEL Tornami a vagheggiar (Alcina, HWV34)
G.F. HANDEL Sta nell’ ircana (Alcina, HWV34)
A. VIVALDI Sinfonia en do majeur, RV116
G.F. HANDEL Ouverture (Ariodante, HWV33)
G.F. HANDEL Dopo notte, atra e funesta (Ariodante, HWV33)
G.F. HANDEL Bramo haver mille vite (Ariodante, HWV33)

Ce concert d’ouverture a donc lieu en ce 23 juillet à 20 h à la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm. J’y serai et vous rapporterai mes vues dans le prochain numéro (estival et spécial !) du blogue lyrique.

Au lendemain de ce concert d’ouverture, sept autres événements feront la pluie et – j’espère surtout – le beau temps lyrique sur la Capitale nationale. Je vous les présente ci-après en ordre chronologique :

1) L’Enfant et les sortilèges de Maurice Ravel

La première production de la quatrième édition du festival est la fantaisie lyrique dans laquelle Maurice Ravel a fusionné plusieurs genres musicaux, du jazz au foxtrot en passant par la polka et la valse. En présentant l’œuvre L’enfant et les sortilèges, la direction du festival rappelle que l’histoire d’ « un jeune garçon en pénitence dans sa chambre [qui] décide de se venger sur son environnement immédiat, brisant et saccageant ce qui se trouve autour de lui. Les objets et les animaux s’animent aussitôt pour prendre leur revanche, La mezzo-soprano québécoise Julie Boulianne tiendra un rôle de l’enfant et la distribution comprend aussi les sopranos Marie-Ève Munger et Pascale Beaudin, les mezzo-sopranos Isabelle Henriquez et Rachèle Tremblay, le ténor Aaron Ferguson, le baryton Marc-Antoine d’Aragon et la basse Alexandre Sylvestre. Un ensemble de chambre composé d’une flûte, un violoncelle et d’un piano à quatre mains interprétera la musique de Ravel dans une adaptation que le pianiste et compositeur Didier Puntos avait réalisée en 1986 en sa qualité de chef de chant à l’Opéra de Lyon. Vous pourrez entendre une partie de cette version instrumentale en visionnant un extrait de la production présentée lors du Festival de Messiaen de 2011 en cliquant ici ou lors du Festival d’Aix-en-Provence de 2012 ici.

Et si vous voulez entendre Julie Boulianne dans le rôle de l’enfant, je vous suggère d’écouter l’enregistrement paru sous étiquette Naxos en 2009. Elle y est accompagnée par le Nashville Symphony Orchestra. Vous pouvez aussi écouter des extraits de cet album en cliquant ici. Vous pouvez aussi entendre et télécharger ici la version intégrale de la fantaisie lyrique dans une version de concert de la Boston Symphony Orchestra à laquelle Julie Boulianne a également participé le 27 octobre 2012 sous la direction de Charles Dutoit.

Pour une autre présentation de cette production et les vues du metteur en scène que rapporte le critique Richard Boisvert du journal Le Soleil, je vous invite à prendre connaissance de l’article diffusé le 22 juillet sous le titre «Une première production maison pour lancer le Festival d’opéra de Québec ».

2) La plus belle fleur du jardin impérial de Nathalie Magnan

La compositrice Nathalie Magnan a composé plusieurs opéras pour enfants et le Festival présenter La plus belle fleur du jardin impérial. S’inspirant de la Chine d’antan, ce spectacle se donnera dans un une mise en scène ludique et amusante visant à permettre aux jeunes s’initier avec plaisir à l’opéra. La participation d’une dizaine de chanteurs et de chanteuses de 11 à 17 ans et d’un trio de musiciens devrait faciliter une elle initiation. Trois représentations sont prévues et auront lieu les 28, 29 et 30 juillet 2014 à 19 h à La Maison Jaune située au 206, rue Christophe-Colomb Est à Québec.

3) Wagner à l’apéro

La direction du Festival propose à nouveau en 2014 de l’opéra…à l’heure de l’apéro ! En collaboration avec Les Musées de la civilisation, les lyricomanes pourront entendre des extraits des opéras de Richard Wagner que commentera, avec l’éloquence et l’exubérance qu’on lui connaît, le musicien-auteur Georges Nicholson. Ces extraits seront chantés par des artistes lyriques de la Capitale nationale, les sopranos Jessica Latouche et Luce Vachon, les mezzo-sopranos Nathalie Dumont et Élizabeth Veilleux, les ténors Keven Geddes et Guy Lessard, le baryton Eugen Dragos Voicu et le baryton-basse Marc-André Caron. Le pianiste Claude Soucy ainsi que Claudine Giguère, qui sera au cor français, accompagneront les solistes. Cette activité est gratuite et aura lieu les 28, 30 et 31 juillet à 16 h à la Chapelle du Musée de l’Amérique francophone.

4) Musique en plein air

Organisé en collaboration avec l’arrondissement de Sainte-Foy- Sillery, un concert de Musique en plein air sera proposé au festivaliers et festivalières qui pourront pique-niquer autour d’une belle maison patrimoniale de la Capitale nationale. Cette activité aura lieu le mardi 29 juillet à 12 h à la Maison Hamel-Bruneau située au 2608, chemin Saint-Louis à Québec. Cette activité est également gratuite…et il est recommandé aux opéraphiles « champêtres » d’apporter leur lunch et leur chaise !

5) La grande histoire chantée de la musique lyrique

Le Festival innove et enrichit sa programmation, comme il le fait à chaque année, en présentant « La grande histoire chantée de la musique lyrique ». Un spectacle qui mêle animations et œuvres vocales propose ainsi une odyssée qui permettra d’apprivoiser 10 genres musicaux lyriques, du Moyen Âge au contemporain en passant par le romantisme allemand et le baroque. La soprano, Sylvie Malenfant, la mezzo-soprano Élaine Rioux, le ténor Marc Duguay et le baryton-basse Réal Toupin feront l’histoire. Claude Soucy sera au piano et François Rioux sera le commentateur. Cette activité aura lieu à la Chapelle du Musée de l’Amérique francophone le 31 juillet à 20 h.

6) Le Jugement dernier – Messa da Requiem de Verdi

L’événement-phare du quatrième Festival sera sans nul doute la grande fresque lyrique intitulée Le Jugement dernier. S’appuyant sur la musique de la Messa da Requiem de Giuseppe Verdi, le metteur en scène Paolo Miccichè fera appel à d’impressionnantes projections pour habiller cette oeuvre que le compositeur allemand Hans van Bülow a qualifiée d’ « opéra en robe ecclésiastique ». La distribution comprendra un double chœur et des solistes de renommée internationale avec la soprano Latonia Moore, la mezzo-soprano Eleni Matos, le ténor Manrico Tedeschi et la basse Luiz Ottavio Faria.  La direction musicale du Chœur de l’Opéra de Québec et de l’Orchestre symphonique de Québec sera assumée par le chef israélien Ira Levin.


Ira  Levin

Dans un entretien que j’ai eu avec Grégoire Legendre au lendemain de l’annonce de la programmation du festival de 2014. celui-ci m’avait confié que le metteur en scène compte donner une nouvelle vie à la production qui a déjà été acclamée à Rome, Cannes et Moscou en l’améliorant notamment au plan dramaturgique. Vous pouvez visionner un extrait de la production présentée au Palais des Festivals à Cannes en cliquant ici.

Cette activité s’inscrit dans le cadre des célébrations du 350e anniversaire de la Basilique Notre-Dame-de-Québec et est présentée en collaboration avec cet Institut italien de Montréal et la Basilique.

Trois représentations sont prévues à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre les 1er, 3 et 4 août 2014 à 20 h. Et faites vite pour vos réservations…car je crois comprendre que les places s’envolent !

7) Les Grands Feux Loto-Québec

Pour une deuxième année consécutive, le Festival d’opéra de Québec s’associe aux Grands Feux Loto-Québec qui s’ouvriront avec une prestation pyromusicale consacrée à l’opéra. Des extraits des plus beaux airs d’opéras et une pluie de feux d’artifices seront au rendez-vous pour cet événement qui sera visible des deux rives du majestueux fleuve Saint-Laurent.  L’activité est gratuite et aura lieu le samedi 2 août à 22 h au Vieux-Port de Québec.

Et que serait le Festival d’opéra de Québec sans « La Brigade lyrique ». Constituée d’artistes de la relève, La Brigade lyrique a été constituée pour la première édition du festival et offrira des prestations musicales durant toute la durée du festival. Elle se produira dans les principaux parcs et lieux publics de la ville de Québec et les jeunes artistes y chanteront des airs d’opéra et d’opérette. La brigade est constituée cette année par la soprano Judith Bouchard, la mezzo-soprano Élizabeth Veilleux, le ténor Keven Geddes et le baryton Marc-André Caron. Les pianistes Jean-François Mailloux et Claude Soucy accompagneront la brigade pendant sa tournée festivalière. Cette activité gratuite et les prestations auront lieu 23 au 27 juillet et du 30 juillet au 3 août 2014 à 12 h et 17 h dans divers lieux de la Capitale nationale que vous pourrez identifier en cliquant ici.

Et pour animer la grande foule qui attendra avec impatience les Grands Feux de Loto-Québec, La Brigade lyrique offrira également une prestation musicale au Vieux-Port le samedi 2 août 2014 à compter dès 21 h.


La brigade lyrique

Pour deux autres présentations générales de la quatrième édition du Festiva d’opéra de Québec de 2014, je vous invite à lire l’article rédigé par le critique Christophe Huss et paru dans Le Devoir du 22 juillet 2014 sous le titre « Un Festival en attente de jugement dernier » ainsi que  la série de textes publiés sous la plume de Richard Boisvert aux pages 28 et 29 de l’édition du journal Le Soleil du 23 juillet 2014 (qui ne sont pas accessibles gratuitement sur le site du journal).

Je quitte Montréal pour la Capitale nationale en matinée aujourd’hui et ferai la route avec Lorraine Drolet rédactrice en chef de L’Opéra Revue québécoise d’art lyrique. Avec les membres d’une équipe qui grandit de jour en jour et des collaborateurs qui, comme Jean-Philippe Côté-Angers et Éric Champagne rédigeront respectivement les critiques de L’enfant et les sortilèges et de la Messa da Requiem présentés dans le cadre du festival, nous préparons le  premier numéro (Automne 2014) dont la sortie est prévue pour le 1er septembre 2014. Vous pouvez consulter la maquette de la revue ci-après et, d’ores et déjà, vous abonner (plusieurs l’ont fait déjà!) en nous faisant parvenir le coupon ci-joint. Et vos suggestions sur le contenu de la revue et vos offres de collaboration sont les bienvenues !

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Bon festival
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..et je vous écris à nouveau dans quelques jours.
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Note : J’apprends que l’événement L’Opera de la Calle, qui devait être présenté en prélude du festival les 21 et 22 juillet 2014, pourra être vu le jeudi 24 juillet 2014 à 18 h 30 sur la Place d’Youville. Ce spectacle d’« opéra de la rue » regroupe une trentaine d’artistes de Cuba et mêle savamment les genres, de l’opéra au rock en passant par la zarzuela et des airs plus populaires, guidé par les rythmes afro-cubain. Il s’agit d’une collaboration spéciale entre le Festival des journées d’Afrique & danses et rythmes du monde (Québec), le Festival international Cubaneando (Montréal) et le Festival d’opéra de Québec.

De beauté baroque et d’émerveillement lyrique à l’ouverture du Festival d’opéra de Québec de 2014

26 juillet 2014

26 juillet 2014
(N
o 2014-26)

La quatrième édition du Festival d’opéra de Québec a connu un excellent départ avec la présentation du concert Vivaldi et Haendel à l’opéra et de la fantaisie lyrique L’enfant et les sortilèges de Maurice Ravel.

De beauté baroque avec Brommer et Hansen

Comme cela avait été fait lors de sa deuxième édition en 2012 et avec comme invitée la soprano Karina Gauvin, la direction du Festival d’opéra de Québec avait choisi d’ouvrir le festival avec un concert d’airs d’opéra de l’époque baroque. Conçu par Bernard Labadie, le programme de ce concert a permis d’apprécier l’écriture lyrique de Georg Friedrich Haendel et Antonio Vivaldi, mais également d’Antonio Maria Bononcini. Le choix des deux solistes ne fut pas moins heureux car la soprano allemande Sophie Brommer et le contre-ténor australien David Hansen ont offert, dans leurs prestations respectives, ainsi que dans trois magnifiques duos, de moments de grande émotion et beauté. J’ai particulièrement aimé la soprano Brommer et son interprétation  de l’air Siam navi all’onde algenti tiré de l’opéra L’Olimpiade d’Antonio Vivaldi. Cette prestation a révélé une interprète dont la puissance vocale s’accompagne d’une subtilité dramatique tout à fait appropriées pour le genre baroque. Parfois désinvolte, le contre-ténor australien David Hansen est un véritable acrobate vocal, comme il a su le démontrer dans l’air Dopo notte alta e funestra de l’opéra Ariodante de George Friedrich Handel. Les trois généreux rappels des solistes ont suscité l’admiration d’un public déjà conquis, mais l’un d’entre eux, le duo Pur ti miro, Pur ti godo tiré de l’opéra Le couronnement de Poppée (L’incoronazione di Poppea) de Claudio Monteverdi s’est avéré le moment de grâce de la soirée.

Le chef américain Alan Curtis a apprivoisé Les Violons du Roy de Bernard Labadie, dont l’état de santé ne lui permettait pas de diriger son ensemble dans sa superbe résidence du Palais Montcalm (dont le moral est, m’a-t-on assuré, est très bon !), et a mis en valeur un orchestre qui maîtrise de façon exceptionnelle le répertoire lyrique baroque. Les musiciens et musiciennes ont également excellé dans les ouvertures de Giulio Cesare, d »Alcina et d’Ariodante de Haendel, que dans la Sinfonia en do majeur de Vivaldi qui constituaient les parties instrumentales du programme.


Alan Curtis

Pour connaître les vues du critique musical Richard Boisvert sur ce concert, je vous invite à lire l’article publié le 24 juillet 2014 dans le journal Le Soleil sous le titre «  Festival d’opéra de Québec: une invitante fête de la voix ».

D’émerveillement lyrique avec L’enfant et les sortilèges

Comme il me le confiait après la première représentation de L’enfant et les sortilèges de Maurice Ravel, le directeur général et artistique du festival Grégoire Legendre rêvait de présenter aux opéraphiles de Québec l’opéra de Maurice Ravel dans lequel il avait joué comme étudiant. Et pour cette première production maison du festival, ses attentes devaient être grandes, comme l’étaient celles des festivaliers et festivalières. Elles n’ont pas été déçues car la fantaisie lyrique mise en scène par Philippe Soldevila a véritablement ensorcellé les gens réunis pour la première le mercredi 23 juilet 2014. Les décors de Claudia Gendreau, les costumes d’Érica Schmitz et de son assistante Julie Morel,  les éclairages de Serge Gingras et les chorégraphies de Geneviève Dorion-Coupal ont également envoûté le public et ont fait de ce spectacle une véritable féérie.  La voix riche et la diction impeccable de la mezzo-soprano Julie Boulianne a bien servi l’enfant et son aisance sur scène l’a rendu si crédible. Marie-Ève Munger fut spectaculaire et sa superbe voix de colorature a, comme le requiert son personnage du Feu,  embrasé la scène. Bien que sa voix était hésitante au départ, Pascale Beaudin a fort bien incarné le rôle de la Princesse. Les autres interprètes de la distribution, qu’il s’agisse de Marc-Antoine d’Aragon, Aaron FergusonIsabelle Henriquez, Alexandre Sylvestre et Rachèle Tremblay ainsi que les choristes Judith Bouchard, Patrick Brown, Kevin Geddes et Elizabeth Veilleux ont contribué à faire de ce spectacle une grande réussite, tant au plan vocal que sous l’angle dramatique. Et les acrobates Geneviève Bérubé, Frédérique Hamel, Louis-Marc Bruneau et Étienne Audet ont donné une dimension ludique supplémentaire à la production. Sous la direction de la pianiste Marie-Ève Scarfone, l’ensemble de chambre composé du flûtiste Jean-Sébastien Bernier, du violoncelliste Dominic Painchaud et du deuxième pianiste Maurice Laforest a su accompagner les solistes avec une précision remarquable.

Une deuxième représentation a eu lieu hier et cet événement est à ne pas manquer. Deux autres chances vous sont données de voir ce spectacle en ce samedi 26 et le dimanche 27 juillet 2014  à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec à 20 h. Et il ne faut pas hésiter à amener les enfants, jeunes et moins jeunes, qui devraient vivre des moments d’émerveillement lyrique !

Le critique Richard Boisvert a également commenté cette production dans l’édition du 25 juillet 2014 du journal Le Soleil dans un article intitulé » L’enfant et les sortilèges: enchantement et folie douce ».

Et La brigade lyrique est à l’oeuvre…

Si la pluie a obligé La Brigade lyrique a annulé sa première prestation le mercredi 23 juillet 2014 sur l’heure du midi, la tournée des principaux parcs et lieux publics de la ville de Québec a pu commencer à 17 h le même jour. Ceux et celles que Christophe Rodriguez présente dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec ce matin comme « Les troubadours de l’art lyrique » continueront à apprivoiser le public en interprétant des airs d’opéra et d’opérette selon un calendrier que vous pourrez consulter en cliquant ici. Je vous rappelle que font partie de la brigade de 2014 la soprano Judith Bouchard, la mezzo-soprano Élizabeth Veilleux, le ténor Keven Geddes et le baryton Marc-André Caron. Les pianistes Jean-François Mailloux et Claude Soucy les accompagnent. J’ai repéré un très beau vidéo de présentation de la brigade réalisé par la Fabrique culturelle et je vous invite en le visionner en cliquant ici ou sur la flèche de l’image ci-après :

Et l’Opera calle à la Place d’Youville

Je me suis par ailleurs rendu sur la Place d’Youville pour assister à l’événement L’Opera de la Calle qui a enfin pu se tenir le 24 juillet 2014 à 18 h 30 sur la Place d’Youville. Ce spectacle d’« opéra de la rue » mettait en présence une trentaine d’artistes de Cuba. Ce groupe mêle les genres et proposait un programme fort éclectique- et plutôt tapageur- qui comportait d’ailleurs quelques airs d’opéras, et en particulier La Habanera tiré de l’opéra Carmen de Georges Bizet que chantait l’une des solistes lorsque j’ai pris la photographie ci-dessous :


Opera Calle

Je serai de retour le samedi 9 août 2014 avec un autre numéro spécial du blogue lyrique pour commenter les autres événements du Festival auxquels j’entends assister d’ici la fin du festival, et notamment la Messa da Requiem de Giuseppe Verdi sur lequel reposera Le jugement dernier dont la première est prévue pour le vendredi 1er août 2014 et auquel vous pourriez vouloir assister pour savoir- qui sait- comment échapper…au jugement dernier !